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A un moment ou à un autre de votre existence, vous allez être amené à souffrir. A vous en prendre plein la gueule. Et il se peut même que ce soit totalement injuste, ou du moins que vous le perceviez comme tel. Et dans ces moments-là, vous serez tenté de vous prendre pour une victime. Parce que nous vivons dans une société de fragiles et de pleureuses, qui valorise à l’excès ce statut, et tente de le faire passer pour noble et vertueux, et parce que votre propre autocomplaisance, votre narcissisme et votre paresse intellectuelle vous y pousseront, vous connaîtrez cette tentation. A vous de savoir y faire face.

Vous y êtes (presque) toujours pour quelque chose

Il est très rare que l’on soit absolument innocent de ce qui nous arrive. Très rare aussi d’être à 100% responsable de tout. Mais quoi qu’il en soit, nous avons une part de libre-arbitre et donc de responsabilité. Peut-être n’êtes-vous pas le principal responsable de votre situation mais vous y jouez un rôle. Parce que vous avez fait ou ce que vous n’avez pas fait, ce que vous avez dit ou ce que vous n’avez pas dit, ce que vous avez laissé croire ou laissé faire, la confiance accordée ou celle refusée, et ainsi de suite. Et même si, au fond de vous, il y a encore un sale gosse geignard qui prétend que vous n’y êtes pour rien, sachez qu’il ment. Vous y êtes pour quelque chose. Vous avez votre part de responsabilité. Et la bonne nouvelle, c’est que cela veut dire que vous êtes, au moins en partie, en capacité de faire en sorte que ce qui vous fait souffrir ne se reproduise plus. Que vous pouvez en tirer des leçons et sortir de cette épreuve plus fort que vous n’y êtes entré.

Refuser la complainte de la victime

Faire face à l’adversité fait partie intégrante de la vie d’un homme. Nous nous battons tous les jours. Nous nous opposons à la Nature, aux caprices du destin, aux autres hommes, à la maladie, au vieillissement, à la mort. La vie est lutte. Il y a quelques instants de trêve, de repos du guerrier, mais ils sont l’exception, non la norme. Il n’est pas étonnant que vous rencontriez des difficultés, que vous ayez à faire face à la souffrance : c’est le contraire qui serait étonnant. Armez-vous de cette certitude et affrontez la vie en la regardant droit dans les yeux.

La vie est injuste

En regardant ainsi la vie en face, vous vous apercevrez aussi d’une chose : elle est injuste. Vos aspirations, votre mérite, vos merveilleuses richesses intérieures … tout le monde (et le réel tout particulièrement) s’en fout. La chance sourit à certains, pas à d’autres. Certains ont le succès facile, d’autres sont condamnés à galérer, quelles que soient leurs vertus. C’est ainsi. Cela ne veut pas dire qu’il est vain de lutter, bien au contraire. Mais il vous faut ancrer au plus profond de vous-même la certitude que le monde réel n’a rien à voir avec les comédies romantiques américaines : ce ne sont pas toujours les gentils qui gagnent, ce ne sont pas les plus vertueux qui l’emportent et il n’y a pas de lot de consolation pour celui qui a bien essayé mais s’est planté.

Solutions et problèmes

S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème. Cela pourrait ressembler à de la logique Shadok. Mais ça n’en est pas. Face à une situation difficile, il convient de faire la différence entre un problème et un aléa. Si la situation a une solution, c’est un problème : appliquez la solution et il sera résolu. Si la situation n’a pas de solution ou si vous ne souhaitez pas l’employer, c’est un aléa. Cela veut dire que les choses ne changeront pas, et que, donc, il est inutile d’en être malheureux. Tout comme il est inutile de souffrir du fait que le ciel est bleu ou que le soleil se lève à l’est, il est inutile de se lamenter sur le fait que vous ne plaisez pas à cette fille, que ce boulot vous a échappé ou que vos espérances ne se sont pas réalisées : si vous ne pouvez rien y faire, passez à autre chose aussi rapidement que possible.

Le consentement à la souffrance

Mais l’un des concepts les plus importants et les plus puissants qu’il vous soit possible d’intégrer est l’idée que, bien souvent, nous consentons à notre propre souffrance. Bien des choses ne nous font du mal que parce que nous les autorisons à nous en faire. Le collègue qui vous méprise ou vous humilie n’a sur vous que le pouvoir que vous lui prêtez. Ce regard de femme qui vous fait souffrir n’a que la puissance que vous lui accordez. Le fait de réussir ou de ne pas réussir à atteindre l’un de vos objectifs n’est un problème que si vous décidez qu’il en est un. Vous pouvez décider de ne pas souffrir d’une situation. Vous avez le pouvoir de prendre une telle décision.

Il ne s’agit pas de nier le réel : quand vous êtes au cœur de la tempête, vous savez que vous allez vous en prendre plein la gueule. C’est dans l’ordre des choses. Mais vous avez le pouvoir de prendre un minimum de distance, de respirer un grand coup et de tenter de regarder ce qui vous arrive avec l’œil le plus calme, le plus objectif et le plus serein possible. Non parce que ce serait bien, ou moral, mais parce que c’est la meilleure chose à faire. Ne laissez pas votre souffrance, votre peine ou votre frustration vous guider. Accrochez-vous à votre raison, à votre morale, à votre foi si vous en avez une, établissez un plan et agissez.

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Le meilleur moyen d’être et de rester une victime, c’est de se persuader qu’on en est une.

Tuer l’enfant

Vous considérer comme une victime, vous apitoyer sur votre sort ou tenter de vous convaincre que vous ne pouvez rien y faire ne vous fera pas avancer. Ce ne sont que des masques, des parades, des illusions que déploie devant vos yeux l’enfant qui est encore en vous, et qui espère, inconsciemment, que s’il pleure assez fort, Papa et Maman viendront vous soigner, vous faire un gros bisou sur votre gros bobo et résoudre tous vos problèmes d’un coup de baguette magique. Mais vous n’êtes plus un enfant. Et vous n’avez rien à gagner à hypothéquer vos chances de réussite de la sorte, ni à gâcher en atermoiements un temps qui est peut-être précieux.

Se conduire comme un homme, et non comme un gosse, est une décision délibérée de votre part. C’est difficile, et c’est normal que cela le soit : s’il était facile de se comporter en homme, nous ne vivrions pas dans une société dévirilisée, au sein de laquelle la plupart des mâles adultes ne sont rien d’autres que de grands adolescents geignards. La peine, la souffrance, le deuil, la tragédie … autant de signes qui indiquent qu’il est temps de tuer l’enfant qui est en vous et de devenir, enfin, un homme. La douleur physique que vous ressentez dans vos muscles après une séance de musculation est le signe que votre corps se renforce et que vous êtes en train de devenir plus fort. Il en va de même pour la douleur morale, qui est l’occasion d’apprendre, de se renforcer, de se préparer pour les épreuves suivantes.

Agir

Parfois, notre lâcheté se dissimule sous les traits de l’incertitude, de l’attente du « bon moment » ou de questionnements moraux. Si de telles objections peuvent être légitimes et véridiques, il convient aussi d’apprendre à reconnaître, en soi, quand elles ne le sont pas et qu’elles ne sont que des freins que nous nous imposons à nous-même. L’action est la clef de tout. Agissez. Vous n’avez aucune garantie que cela marchera. Vous n’avez aucune garantie que votre problème sera résolu. Mais vous aurez fait quelque chose. Vous aurez relevé la tête. Vous aurez lutté. Vous aurez préféré être un vaincu potentiel qu’une victime assurée.

Ne vous laissez pas leurrer par la peur du jugement des autres, si ce que vous faites est juste : ceux qui s’en insurgeraient ne méritent pas votre estime, et ceux qui ont quelque valeur vous approuveront. Acceptez l’aide qu’on vous offre mais ne l’attendez pas comme si elle vous était due : vous vous éviterez ainsi bien des déceptions.

Canaliser

Ne rejetez pas la colère, la haine ou l’amertume si elles viennent, dans une situation de crise. Elles sont naturelles et normales. Acceptez-les mais ne les laissez pas vous dévorer. Faites-en un combustible pour vos actions. Éveillez le loup. Si le désespoir vous gagne, écoutez-le. Écoutez-le juste un peu, juste le temps qu’il vous encourage à faire ou à ne pas faire certaines choses. Puis faites l’exact opposé de ce qu’il vous dicte. S’il vous encourage à rappeler celle qui vous a plaqué, effacez son numéro. S’il vous dit de boire pour oublier, laissez tomber l’alcool et faites du sport. S’il vous somme de vous avachir devant Netflix, ouvrez plutôt les Pensées de Marc-Aurèle.

ne plus être une victime, éveiller le loup

Ne pas, ou ne plus, être une victime, cela se décide.

Vous n’êtes pas une victime. Vous êtes un homme, né dans l’époque et la civilisation la plus confortable de toute l’Histoire humaine. Mais vous êtes fait de la même matière que les pères de vos pères. Vous avez en vous la même rage, la même soif de vivre, la même volonté de conquête. Vous pouvez choisir d’être un philosophe ou un guerrier, un poète ou un légionnaire, un chevalier ou un artiste. Mais vous complaire dans le rôle de la victime, c’est cracher à la gueule de tout ce que vous êtes et de tout ce que vous pourriez être. Vous valez mieux que cela.

Illustrations : christopher lemercier Tom Pottiger Patrick Hendry

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