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Sauvage, violent et libre : pourquoi on est red dingues de Red Dead Redemption

La sortie de Red Dead Redemption 2 a été traitée comme une news internationale. Sauf à vivre sur une autre planète, impossible de passer à côté du phénomène : déjà 17 millions d’exemplaires de vendus, déjà des polémiques (comme ces jeunes gamers qui s’amusent à défoncer une féministe dans le jeu et qui postent ensuite leurs vidéos sur les réseaux) et des millions d’heures déjà passées à parcourir un monde ouvert sur le far west américain du XIXe siècle, celui des cow-boys et des indiens, des balbutiements de la civilisation et des terres sauvages. Après le premier Red Dead Redemption sorti il y a 8 ans, comment expliquer un tel succès ? Etant moi-même un fan, je livre ici une analyse personnelle sans doute partagée par de (très) nombreux autres jeunes gens.

Cadeau empoisonné

J’avais adoré le premier Red Dead Redemption. Pourtant, je ne suis pas du tout un gamer. Seuls quelques jeux peuvent me maintenir des heures devant mon écran, parmi lesquels GTA, Skyrim ou, sur PC, des jeux de stratégie comme les Total War. Sinon, je ne joue quasiment jamais. Depuis le premier RDR, nous discutions régulièrement avec un ami : « ce serait énorme qu’ils préparent un second, avec les nouvelles possibilités offertes par l ‘évolution des performances sur consoles », ou encore « imagine s’ils le font débuter plus avant, au XIXe siècle, en pleine conquête du Far West », car oui, le premier RDR traitait de la fin de la grande époque du Far West, au début du XXe siècle. Rock Star Game a exaucé tous nos souhaits. Voici Red Dead 2, au « monde ouvert » (possibilité d’être complètement libre sur une carte) gigantesque, des plaines du Montana au désert mexicain en passant par les montagnes du Colorado, autant de territoires ayant marqué nos imaginaires grâce aux films de cow-boys que nous avons tous vu et revu depuis que nous sommes jeunes. Encore une fois, nous allions pouvoir monter à cheval, attaquer des diligences, chasser le bison, jouer au poker dans les saloons et flinguer à la winchester le moindre importun qui oserait se dresser sur notre chemin de hors la loi : littéralement, le bonheur-vidéo.

Mais ce bonheur n’arrivait pas au bon moment. Croulant sous le travail et sachant ô combien ce jeu allait me droguer pendant des semaines, je décidai de ne pas l’acheter, de remettre ça à plus tard, cet été, en vacances, quelque chose comme cela. Mais ma copine a trop de bonnes intentions. La semaine dernière alors que je rentrais, je trouvai le jeu dans mon bureau, acheté comme une surprise pour me faire plaisir. Après l’avoir embrassé, je la mis sérieusement en garde : elle venait d’acheter ma mort sociale et la fin de notre couple. Je voulais qu’elle en eut conscience : les bonnes intentions, surtout en politique mais aussi parfois en amour, ça finit souvent très mal.

Depuis, j’essaie de me maitriser et je peux vraiment apprécier les bénéfices de la maturité. Je parviens à me limiter, à me réguler tous les jours, alors que j’en avais été bien incapable pour le premier, 8 ans auparavant. Ma copine me regarde jouer en lisant à côté et se moque bien gentiment de moi. Impossible de l’intéresser à ce jeu cependant. Être libre dans les plaines sauvages et tirer sur tout ce qui bouge ne l’intéressent étrangement pas du tout. Satanée théorie du genre.

Pas beaucoup de flaques dans Red Dead

Un jeu de mecs

Si ma copine n’en a rien à foutre de Red Dead Redemption, ce n’est pas parce qu’elle est moralement plus élevée, ou plus mature, ou toutes ces conneries qu’on ne manquera pas de raconter au sujet des hommes et des femmes. C’est simplement que ce jeu parle directement à tous nos instincts masculins, lesquels se sont construits sur des millénaires de Red Dead Redemption pour de vrai. Les théories du genre voulant que les différences entre les sexes ne soient que d’origines culturelles et qui, malgré leur aberration, règnent en maître à l’Université et à la Télévision, auront encore du mal à se justifier avec ce jeu.

Si j’aime, dans le jeu, partir chasser et me sentir libre sur une carte immense, me repérant entre les montagnes et les lacs, ce n’est pas à cause de la culture patriarcale, mais parce que les hommes sont généralement plus doués que les femmes en visualisation spatiale et qu’ils voient généralement plus loin, résultat direct de millénaires de chasse dans de grands territoires naturels quand la femme, occupée très souvent par la maternité, était tendanciellement davantage confinée au foyer.

Si j’aime montrer que je suis le plus fort dans le Far-West, flinguant celui qui s’oppose à moi ou qui m’attaque, ce n’est pas à cause de l’éducation nationale qui perpétue les schémas d’oppression, mais parce que j’ai naturellement le gout de la compétition virile, mes ancêtres ayant été sélectionnés par les femmes sur ce critère pendant des milliers et des milliers d’années. Je suis navré, chères féministes et autres contempteurs de la masculinité, mais ce sont les femme de la préhistoire, tout naturellement, qui voulaient les hommes contrôlant le plus de ressources (donc les dominants) pour le bien être de leur progéniture, aiguisant dès lors chez eux l’esprit de compétition et la volonté de domination. Si j’aime les abattre mon adversaire dans un duel au Colt, c’est un peu de votre faute, quoi.

Si j’aime tant me sentir libre, faire des choix simples (mais pas moins intelligents), vivre loin des contraintes, de l’Etat et des forces de l’ordre, ce n’est pas parce que mon père m’a culturellement appris à penser comme tel quand j’étais jeune, mais simplement parce que cette vie rappelle à mes gènes ce pourquoi ils se sont fabriqués à travers les âges : une vie naturelle loin des charges mentales des sociétés complexes et de la sédentarisation, laquelle arrive très tardivement dans l’histoire de l’humanité, laquelle serait d’ailleurs, d’après de nombreux scientifiques, pas faite pour elle, pas “adaptée” pour elle. Certains biologistes, comme Jared Diamond, qualifient même le passage du paléolithique au néolithique de « pire erreur de l’histoire de l’humanité » tant nos gènes seraient inadaptés à la vie dans les sociétés complexes que nous connaissons.

J’invite tous ceux qui sont intéressés par toutes ces questions à vite s’inscrire gratuitement sur l’Ecole Major (ICI) pour recevoir prochainement la plus grande formation en psychologie évolutionniste sur les différences hommes femmes qui existe sur internet ! Nous travaillons dessus depuis des mois et ça va être une bombe. 

L’homme et la nature sauvage, un lien profond.

Un danger : le monde virtuel  

Ok, très bien, nous les mecs adorons Red Dead Redemption. Très bien, profitons en. Mais après ? L’un des plus gros danger pour l’espèce humaine est l’abandon de la vie au profit du virtuel. Parce que la société actuelle marche sur la tête, parce qu’elle nous rend esclaves de tout, qu’elle nous féminise à souhait, qu’elle nous empêche de nous rebeller, qu’elle veut des moutons indifférenciés bouffant chez picard et faisant ses courses sur Amazon tout en ayant comme seule interrogation métaphysique la nature éventuelle de leur sexualité, la tentation est grande de nous réfugier sur ces jeux et de nous y défouler, de les utiliser comme des exutoires de toutes nos frustrations.

Hélas, oui, le danger est immense de voir de nombreux bons mecs démissionner de leur rôle de mecs, ne plus tenter de devenir des hommes dans la réalité, pour simplement jouer à l’homme sur Playstation. N’avoir aucun muscle dans la vie mais jouer des personnages ultra badass sur console. Baisser la tête dans la rue mais tuer des milliers de méchants avec sa manette. Avoir des problèmes avec les femmes dans la vraie vie et ensuite se venger sur elles en les buttant dans Red Dead, entre deux passages sur Youporn. Ce phénomène est de plus en plus présent en Occident, et il est terrifiant.

Alors oui, c’est de la faute de la société, des post-féministes, de la postmodernité, de la décadence, de la société ultracomplexe dans laquelle nous vivons, de la gauche, de l’Etat, etc., mais c’est aussi de la faute des mecs qui s’abandonnent trop facilement à ce phénomène. Nous, nous ne sommes pas de gauche, donc nous ne remettons pas toujours les fautes sur autrui et sur la méchante société. Certes, cette dernière nous combat. Mais il y a moyen de la combattre aussi, et de continuer de nous ménager des espaces de liberté. Et puis cette société complexe va s’effondrer, comme toutes celles avant elles. En revanche, si on accepte de troquer notre virilité contre l’exercice virtuel d’une ultra virilité, cette société a gagné, elle triomphe, elle garde nos couilles au frigo en échange d’une manette de grosses flaques.

En conclusion, je dirai donc : « vive red dead redemption ! », mais aussi : « prenons tout de même garde à Red dead redemption ». On peut s’amuser à y jouer, mais en gardant toujours en tête que la vie vaudra toujours davantage que le virtuel. L’Ours légendaire de 500kg qui nous attaque au début du jeu, j’en ai vu un de similaire cet été pendant mon trek au Kamchatka, en chair et en os, de très près et agressif. C’était génialissime. Je vous prends cet exemple à la con et vous allez rire, mais il n’est pas si stupide que cela. C’est simplement pour vous dire que même si l’on ne peut plus être aujourd’hui un super cow boy libre le flingue à la ceinture, il y a quand même heureusement toujours des espaces de liberté et des moyens pour se sentir véritablement hommes loin des diktats actuels. C’est encore possible, et un jeu comme Red Dead devrait dès lors nous inspirer davantage à vivre comme John Marston ou Arthur Morgan plutôt que, minablement, de vivre à travers eux. 

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