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Qu’est ce que l’ Hypergamie féminine

Dans une récente vidéo, Julien mentionnait une notion très particulière : l’hypergamie. Indispensable pour comprendre les stratégies reproductives et de séduction au sein des êtres humains, l’hypergamie est à la fois si profondément ancrée dans nos comportements et si ancienne que nous ne nous apercevons bien souvent même pas de son existence. Elle fait pourtant partie de nos déterminants essentiels.

Hypergamie et psychologie évolutive

Pour comprendre l’hypergamie féminine (et l’hypogamie masculine, qui fera l’objet d’un autre article), il faut, tout d’abord, comprendre la notion de psychologie évolutive, ou evopsy. Cette discipline, qui se situe à la rencontre de la psychologie, de la biologie et des sciences sociales, a montré que, de même que l’évolution a sélectionné certains traits physiques au détriment d’autres, elle a également sélectionné des comportements. Ces comportements sont sélectionnés dès lors qu’ils favorisent la survie de l’individu, ou, plus exactement, de ses gènes. Cet aspect des choses est très important : un comportement n’est pas sélectionné s’il est juste, s’il est bon, ni s’il est plus confortable pour l’individu ; il est sélectionné s’il permet une transmission de ses gènes efficace. (Pour plus de savoirs et d’informations sur la psychologie évolutive, inscrivez-vous sur l’Ecole Major et recevez prochainement la formation la plus complète sur internet sur cette discipline)

En biologie, l’exemple typique d’un trait à la fois défavorable à l’individu et favorable à ses gènes est l’ovulation invisible. La plupart des guenons subissent des modifications comportementales et physiologiques très importantes durant leur période d’ovulation. Les femelles de l’espèce humaine, beaucoup moins. Pourquoi ? Parce que le fait d’avoir des enfants a toujours été une prise de risque pour les femmes et que l’être humain est capable de stratégie : parmi nos plus lointaines ancêtres, celles qui avaient une ovulation très visible avaient donc la possibilité de contrôler leur fertilité (en se tenant à l’écart des hommes pendant quelques jours, par exemple) de manière bien plus efficace que leurs sœurs ou leurs cousines qui, elles, avaient une ovulation plus discrète, et pouvaient donc moins se servir de ces signes physiques comme de l’indication de jours durant lesquels éviter les rapports sexuels si elles ne voulaient pas être enceintes tous les ans ou presque. Celles pour qui la chose était la plus profitable à titre personnel (les femmes à l’ovulation la plus visible) ont donc été contre-sélectionnées, puisqu’en conséquence elles ont eu moins d’enfants que les autres. Et à terme, le trait « ovulation visible » a disparu du pool génétique humain, ou, en tout cas, s’est très affaibli. Il existe bien entendu aujourd’hui des femmes qui ressentent une différence dans leur période d’ovulation, mais rien de comparable, en termes de puissance du phénomène, avec les autres primates femelles. Un trait génétique peut donc à la fois être favorable à l’individu et défavorable à la lignée, confortable à vivre personnellement et dangereux pour la descendance.

Hypergamie et évolution

Nous prenons souvent pour des désirs spontanés des pulsions qu’en réalité l’évolution a programmé en nous.

Un autre exemple de trait « paradoxal » est celui de la mâchoire très carrée : une femme qui a une mâchoire carrée et puissante est rarement jugée belle par les hommes. Son potentiel reproducteur personnel est donc abaissé (il y a tout simplement moins d’hommes, ou moins d’homme de bonne qualité, qui ont envie de s’accoupler avec elle) et, dans l’ensemble, sa vie sera moins heureuse, car être moche n’est jamais facile. Mais en contrepartie, si elle obtient une descendance masculine, cette descendance portera, au contraire, des traits caractéristiques d’un visage masculin aux traits carrés et à la mâchoire puissante, souvent jugé désirable pour les femmes. On a donc affaire à un trait désavantageux pour un individu isolé (la femme en question) mais avantageux pour sa descendance, et qui, à ce titre, peut être sélectionné et perdurer. Idem pour, par exemple, un homme à la peau très pâle, aux traits fins, à la musculature androgyne : il est souvent considéré comme peu viril et sera généralement vu comme potentiellement efféminé; ses capacités de séduction s’en ressentiront; mais si malgré ces difficultés, il a des filles, elles auront toutes les chances d’être magnifiques (et donc de pouvoir attirer des hommes de bien meilleure qualité). Si l’avantage reproductif pour la génération N+1 est supérieur au désavantage pour la génération N, le trait peut se maintenir dans la lignée.

Quant aux comportements, ils peuvent être sélectionnés de la même manière que les traits physiques : les comportements favorisant la reproduction de l’individu ou de ses descendants ont donc plus de chances d’être transmis que ceux qui y sont défavorables. Et ce même si ces comportements nous semblent amoraux, injustes ou inconfortables.

Stratégie reproductive

Parmi les mammifères, le grand souci de la femelle est d’ordre stratégique : sa reproduction représente un investissement en temps, une prise de risque en termes de santé et des années à devoir se coltiner l’éducation des enfants, avant qu’enfin ils ne soient autonomes. Sans compter, aux époques primitives, près de 30% de chances de mourir en couches lors de la naissance du premier enfant. Bref : elle y risque non seulement sa peau, mais toute sa vie future. Elle n’a donc pas le droit de se tromper. En particulier, elle n’a pas le droit de se tromper de partenaire reproductif : il lui faut un mâle de qualité. Et par mâle de qualité, il faut comprendre au moins trois choses :

  • Un mâle qui lui transmettra un bon patrimoine génétique, pour que ses enfants soient forts et sains ;
  • Un mâle qui transmettra à ses enfants un bon capital social, pour que ses enfants aient un statut enviable ;
  • Un mâle capable de la protéger dans ses périodes de vulnérabilité, de subvenir aux besoins de la famille, de lui rester fidèle (pour ne pas disperser l’attention et les ressources du mâle vers les descendants de concurrentes), etc.

Et l’hypergamie, c’est exactement cela : s’assurer, en tant que partenaire reproductif et conjoint, du mâle de la meilleure qualité possible. Cette tendance a été constatée très fréquemment et fait partie des grands invariants présents dans toutes les sociétés et à toutes les époques.

Comportements hypergames

Si vous avez lu avec attention les trois points décrivant le mâle de qualité, vous aurez sans doute remarqué un détail : la difficulté à évaluer chacun des points, et en particulier le premier et le troisième. Bien qu’un beau corps puisse indiquer un bon patrimoine génétique, ça n’est qu’un indice partiel, qui ne dit rien de l’intelligence, ni des compétences par ailleurs. Aussi la beauté physique de l’homme n’est-elle, pour la femme, qu’un indicateur parmi d’autres, et pas toujours le plus important. Quant à la capacité à la protéger à l’avenir et à lui rester fidèle, impossible de savoir ce qu’il en sera avec certitude : pour émettre une hypothèse, la femelle a besoin de mettre le mâle à l’épreuve ou, au moins, de l’observer assez longtemps pour pouvoir se faire une idée de son caractère et de ses capacités. Reste le statut social. La richesse est héritable, le rang social aussi. Et l’acquisition d’un rang social élevé nécessite souvent des capacités hors du commun : charisme, puissance physique ou intelligence supérieurs. Un homme riche, issu d’une famille puissante, n’a pas forcément ces traits lui-même, s’il est un héritier et non un self-made-man. Mais il descend de quelqu’un qui les avait, ce qui au niveau génétique peut revenir presque au même. De plus, il dispose d’une puissance matérielle (argent, statut, etc.) qui assurera à la descendance commune une vie plus facile, et donc davantage de chances de transmettre ses gènes à l’avenir.

Hypergamie et séduction

Les voitures, les montres, les costumes … ce n’est pas par vanité que les hommes s’en servent comme outils de séduction. Mais bien parce que, hypergamie aidant, c’est efficace.

Le comportement hypergame le plus courant, c’est donc, tout simplement, de trouver du charme aux hommes riches. Si vous vous êtes déjà demandé comment il se fait qu’un quinquagénaire bedonnant et dégarni arrive à emballer des poulettes de la moitié de son âge dès lors qu’il possède une voiture chère et décapotable, vous avez désormais la réponse : ça s’appelle l’hypergamie. L’hypergamie ne se limite cependant pas à l’argent : elle est également susceptible de s’appuyer sur d’autres formes d’avantages, sociaux ou symboliques, par exemple :

  • La beurette qui veut un mari au nom de famille fleurant bon le terroir français de souche, pour que ses enfants soient intégrés au groupe dominant, a un comportement hypergame (avantage symbolique);
  • La mère célibataire, qui, après avoir, à vingt ans, fait deux gosses avec un bad boy désormais taulard et se découvre, à trente ans, une passion pour les hommes gentils et financièrement stables, a aussi un comportement hypergame, dit de double association : elle a d’abord eu une descendance avec un mâle de qualité sur le plan physique (puissance corporelle et attitude agressive du bad boy, qui suggère un taux de testostérone élevé), puis cherche à s’associer, pour les élever, à un mâle de qualité sur le plan matériel et social;
  • Même François Hollande, qui représente le niveau de la mer en termes d’apparence physique, et qui, lâché seul en Lozère, doit être capable de survivre environ 40 minutes avant de se faire dévorer par une famille de renards, a pu séduire Julie Gayet, une fois dépositaire d’une puissance symbolique majeure. Hypergamie, là encore;
  • Comme Julien le faisait à juste titre remarquer dans sa vidéo : le Prince Charmant est un idéal non pas seulement parce qu’il est charmant (c’est un bonus non négligeable mais seulement un bonus) mais surtout parce qu’il est prince, et donc qu’il dispose du pouvoir politique, symbolique, militaire et financier. Il appartient, de plus, à une lignée prestigieuse. Et si, en prime, il vient de terrasser un dragon pour parvenir jusqu’à la jeune fille en détresse, il a, par là-même, prouvé à la fois ses capacités guerrières et son désir de mettre sa vie en danger pour la femme. Bref : la Belle au Bois Dormant est gagnante sur tous les tableaux (bon patrimoine génétique, bon statut social, désir d’engagement avec et pour elle).
  • L’une des clefs du succès de films comme Bridget Jones ou 50 Nuances de Grey est qu’ils flattent l’hypergamie d’un public presque 100% féminin : dans les deux cas, le personnage masculin est beau, riche, brillant … et tombe amoureux d’une femme absolument quelconque (et même médiocre, dans le cas de Bridget Jones, vieille fille rondouillarde, alcoolique, maladroite et pas bien futée) qui, à part l’accès à ses organes génitaux, n’a absolument rien à lui proposer. Il pourrait, avec ce qu’il gagne en vingt minutes, se payer les plus belles escorts du monde. Mais non, il la veut elle. Et il la veut sans raison aucune, sans qu’elle ait à faire le moindre effort réel.
  • Même au-delà de ces exemples, regardez les couples de votre entourage : vous remarquerez que, quand les conjoints viennent de milieux sociaux différents, c’est le plus souvent l’homme qui a la situation la plus élevée : un homme riche qui épouse une femme pauvre, ça arrive fréquemment. Une femme riche qui épouse un homme plus pauvre qu’elle, ça existe (il existe toujours des exceptions aux grandes règles générales) mais c’est beaucoup plus rare.

En cas de manque de partenaires de qualité, on observe (Lichter, Anderson et Hayward, 1995 : Marriage markets and marital choice) que les femmes n’ont pas tendance à abaisser leurs attentes pour épouser des hommes de moins bonne qualité, mais préfèrent le plus souvent rester seules. Mieux vaut être seule que mal accompagnée est un adage hypergame.

Hypergamie et vénalité

L’hypergamie et la vénalité sont des concepts proches, mais néanmoins distincts. Mieux vaut ne pas les confondre.

Cela signifie-t-il pour autant que toutes les femmes sont intéressées et vénales ? Non. Et ce pour au moins deux raisons :

D’une part, ce n’est pas parce que l’hypergamie est le lot commun de toutes les femelles mammifères qu’elles sont toutes hypergames de la même manière, ni au même degré. Toutes, en effet, ne vont pas attribuer les mêmes valeurs aux mêmes aspects : pour certaines, l’argent sera en effet majeur ; pour d’autres, ce seront les vertus physiques ou les avantages symboliques ; pour la plupart, ce sera un savant mélange des trois, à des dosages variés.

D’autre part, l’hypergamie se différencie de la vénalité en cela que l’hypergamie est parfaitement inconsciente. L’attirance qu’une femme ressent pour un homme en raison d’une pulsion hypergame est absolument sincère. Bien sûr, les femmes vénales, ça existe. Les manipulatrices et les gold diggers aussi. Mais ce n’est pas le lot commun. Pour la plupart des femmes, l’hypergamie est tout simplement l’un des programmes de sélection de leurs partenaires, inscrit si profond dans leur psyché qu’elles n’ont même pas conscience de son existence.

L’hypergamie n’est pas la vénalité. Elle n’est pas non plus un vilain défaut, mais bien l’un des processus de sélection ayant permis à notre espèce de survivre jusqu’à ce jour. Elle n’est ni un bien ni un mal : seulement un déterminant essentiel, à la fois des comportements amoureux féminins et des dynamiques relationnelles entre les deux sexes.  

 

Martial, du site ami Néo-Masculin 

Illustrations : Clem Onojeghuo Andrej Nihil Alora Griffiths freestocks.org

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