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Pourquoi les hommes doivent savoir tenir l’alcool

Nous connaissons tous plus ou moins ces injonctions viriles du genre : « Allez, fais pas ta gonzesse, reprends un dernier verre ! » depuis que nous sommes en âge de boire. Ces comportements, typiquement masculins, ne sont-ils que l’expression d’une stupidité grégaire ou relèvent-ils eux-aussi, et malgré les apparences, d’une sorte de sagesse plus profonde ?

Le verre après la réunion

Alors que je sortais d’une conférence internationale de 3 jours, une évidence m’apparut : toutes les conférences, réunions, forums, meetings, qui s’étalent sur plusieurs jours, culminent non pas la journée, à travers le programme officiel, mais le soir, au bar ou au restaurant. C’est véritablement dans ces moments-là que les rencontres se font, que les amitiés se nouent et, disons le, que les affaires s’engagent ou se concluent.

Entouré essentiellement d’hommes de toutes les nationalités, ayant tous en commun d’être plus tendanciellement des alphas à cause de leur profession (hommes politiques, businessman etc.), les tournées à boire furent, comme de mise, un moment de vérité. « Le » moment de vérité, peut-être bien. Il y eut ceux qui dédaignèrent prendre un verre après diner, ceux qui le souhaitèrent mais qui ne tinrent pas la cadence et perdirent le contrôle, et ceux qui restèrent jusqu’à tard et se firent beaucoup d’amis.

Ces passages quasi-obligés par la case « tournée à boire » sont révélateurs à biens des égards. Ils en disent long sur l’homme qui est en vous.

L’alcool et les hommes dans l’Histoire

Mathias von Abele, un juriste allemand du XVIIe siècle, trouve au moins quarante-cinq excellentes raisons de boire entre hommes. Il évoque bien sûr l’amitié, l’honneur, la vertu, la bravoure, la virilité, les affaires et le commerce, autant de choses capables d’affronter la mauvaise humeur, l’oisiveté et l’ennui. Il met l’accent sur la possibilité qu’offre l’alcool de partager des moments avec des gens de bonne compagnie, afin de mieux les connaître et de mieux échanger. Le vocabulaire employé par Abele est absolument masculin : la « virilité », les « affaires », « l’esprit chevaleresque » et la « camaraderie ». Ceci n’est pas étonnant.

Depuis la Genèse et Noé, qui fut le premier des vignerons, où il est écrit « Noé planta la vigne et connut l’ivresse », en passant par les beuveries des guerriers, qu’ils furent Grecs, Romains, chevaliers du Moyen-Âge, jusqu’aux soldats modernes qui continuent à se « tester » lors d’expériences initiatiques qui comprennent presque toujours des jeux d’alcool, il est dans la tradition, notamment européenne, de savoir boire pour être jugé comme un homme. Dans les milieux économiques actuels, il en est souvent de même : les traders par exemple, qui vivent une vie stressante car concurrentielle et impitoyable, se retrouvent régulièrement dans des bars le soir venu pour épancher leur soif de sociabilité et de détente après des journées harassantes.

A quoi sert l’alcool entre hommes ?

Ces moments de détente alcoolisés permettent :

  • De faire baisser la tension inhérente à une vie masculine remplie de responsabilités, de challenges et de luttes acharnées. Ils laissent la place à la joie de vivre, à la légèreté et à l’oubli momentané des exigences.
  • De garantir une socialisation toute démocratique : chacun paie sa tournée et celui qui se dérobe à ce devoir passe pour égoïste et misérable. Celui qui a le plus d’argent se sent obligé de « payer » le plus de tournées pour montrer son humanité.
  • De révéler l’homme qui est en chacun, tant il est vrai, comme l’écrivait déjà Pline l’Ancien : « In vino veritas », soit : « Dans le vin, la vérité. ». Un homme ivre révèle souvent sa nature profonde.
  • De permettre les conditions de la camaraderie : une bonne soirée arrosée pleine de rires soude souvent des amitiés pour la vie. Elle rassemble les hommes qui se retrouvent soudainement à égalité face à leur propre humanité.

Savoir tenir l’alcool est une preuve de vertu

A l’instar de la violence, l’alcool est un révélateur d’un « juste milieu » viril qui distingue les vrais hommes des brutes ou des flaques. Un homme qui userait constamment de violences physiques sans réfléchir ressemblerait au soulard qui boirait en permanence. Celui-ci sait tenir l’alcool, mais par alcoolisme. Dès lors, comme la brute, il perd en crédit. Il agit par excès.

De l’autre côté, celui qui ne tient pas l’alcool ou ne veut pas boire par prudence et/ou par peur ressemble à celui qui se dérobe toujours lorsque les circonstances exigent l’utilisation de la violence physique : il est alors jugé comme un lâche, un faible, une flaque.

L’homme se tient à équidistance de la brute et de la flaque. Au sujet de l’alcool, il est capable de boire – et de bien boire ! – quand il le faut, mais il sait se maitriser, il sait s’arrêter et, en particulier, n’est surtout pas un alcoolique. Un homme qui tient l’alcool parce qu’il est un soulard perd instantanément l’amitié et le prestige qu’il aurait gagné en « buvant bien » et jusqu’à tard. Ce qui révèle une âme virile et humaine chez les uns se transforme en objet de honte pour l’alcoolique.

Savoir profiter des bons moments !

Au diable, donc, toutes les injonctions modernes à la prudence, à la modération en tout, et à la Santé-dictatrice (pour quoi faire ?). Un homme doit être capable de se saouler lors de bonnes occasions, sans toutefois faire n’importe quoi, et se lever tôt le lendemain, montrant ainsi à tous sa maitrise de lui-même, sa capacité à endurer et sa profonde humanité. C’est dans ces moments qu’il trouvera souvent ses meilleurs amis et ses meilleures affaires. C’est aussi dans ces moments qu’il a des chances de se trouver lui-même.

PS : Après ce type de beuveries, ne pas oublier de boire beaucoup d’eau avant de s’endormir, voire de prendre un doliprane. Ceci est la garantie d’un lendemain sans mal de crâne.

 

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