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Pourquoi il faut marier orgueil et sens de l’humour : l’exemple anglais

Au moment où nous écrivons, les Anglais viennent de se faire éliminer de la Coupe du monde de football par la Croatie après un beau parcours qui les a mené jusqu’en demi-finale. En Angleterre, les médias saluent leur équipe et font preuve d’un humour et d’une autodérision sur le sujet qui les caractérisent si bien. L’occasion pour nous de revenir sur des traits de caractère – l’orgueil et l’humour – qui semblent a priori fortement antagonistes mais qui se marient pourtant à merveille. Cet heureux mariage a fait les plus belles heures du gentleman brittish, un dominateur par delà les mers ne perdant jamais son sens de l’humour. Et ce n’est pas un hasard.

L’orgueil anglais

En 1897 paraissait un livre d’un auteur français qui connut un succès mondial : « A quoi tient la supériorité des anglo-saxons ? » d’Edmond Demolins, ancien élève de Fréderic Le Play. Ce livre s’inscrivait déjà dans de nombreuses études socio-psychologiques de l’époque à propos de la stupéfiante domination anglaise au XIXe siècle. Comment une petite île, avec si peu d’habitants, pouvait-elle si bien dominer une grande partie du monde avec autant de dextérité ? D’autres penseurs français, comme Gustave Le Bon, avait déjà écrit à ce propos, tous stupéfaits de voir, par exemple, un immense territoire comme l’Inde, très peuplé, être parfaitement contrôlé par à peine 100.000 anglais.

Ces prouesses, pour ces auteurs, ne pouvaient être que le fruit de l’éducation anglaise et de sa tradition, forgeant ainsi un caractère spécifique fait pour la maitrise, la domination et l’ambition. Ainsi les Anglais n’hésitèrent pas à proclamer au monde la « pax britannica » à l’instar des Romains et leur « pax romana », voire même de toujours clamer partout, et sans rougir, « Rule ! Britannia » soit en français : « Dirige (ou domine) ! Angleterre ». L’incarnation de cet esprit conquérant et dominateur était parfaitement modelé par (et pour) le gentlemen anglais, c’est à dire le membre de la gentry (l’aristocratie), petite ou grande.

Cette éducation (sur laquelle nous reviendrons évidemment dans d’autres articles, tant celle-ci était masculine par essence), était un parfait alliage entre un stoïcisme des plus classique (le fameux « sers les dents » qu’on apprenait aux petits anglais), une fierté très orgueilleuse d’appartenance au peuple britannique (et encore plus à son aristocratie), laquelle imposait un façon de vivre digne et courageuse, et une forme d’apprentissage davantage basée sur l’expérience (la tradition philosophique empirique anglaise) que sur la mémoire savante et littéraire (contrairement au monde Latin, en particulier Français, qui récompense – toujours – davantage, à l’école, le par cœur tandis que la mémoire n’a que très peu à voir avec l’intelligence…). En somme, l’école anglaise formait des hommes en privilégiant la récompense du caractère plutôt que celle du savoir, soit l’exact inverse (hélas) de l’école latine de la fin du XIXe siècle.

Comment les hommes pouvaient-ils supporter cette éducation rugueuse et solide ? Par l’humour, bien sûr.

Le pendant de l’orgueilleuse dignité : l’humour

Paradoxe amusant et a priori déroutant, ce sont ces mêmes Anglais, durs, stoïciens, parfois rigides aux valeurs martiales, qui inventèrent l’humour et qui en firent une des qualités essentielles et obligatoires du parfait gentleman. Contradiction ? Pas du tout.

L’humour et l’autodérision sont des thérapies efficaces pour apprendre à relativiser, à apprécier la vie, à aiguiser son intelligence pour la rendre subtile, à dédramatiser – à être heureux, en somme. Nous touchons là un point impossible à comprendre pour les flaques et les modernes. Pour eux, la joie de vivre et le sens de l’humour ne peuvent exister que chez celui qui remettrait en question tous ses devoirs, et surtout pas dans un homme qui rechercherait pour lui la droiture, la fierté et la dureté. Or, la vie nous montre souvent tout l’inverse, et le gentlemen anglais, respectueux de tous ses devoirs, fier de sa gentry et de son drapeau, allant risquer sa vie sur les mers et les autres continents, mais toujours armé d’un parfait sens de l’humour, pince-sans rire, gardant toujours une autoréflexion sur lui-même emplie d’une profonde et subtile dérision, est là pour le leur prouver. L’humour et l’autodérision sont des conséquences de la maitrise de soi, et donc, du monde qui vous entoure. Ils viennent naturellement dans l’âme et dans l’esprit, comme des compensations et des gratifications pour une vie exigeante. En vérité, l’homme libre de tout, sans entrave et sans devoir – l’homme moderne – est souvent chiant à mourir.

Chez Major, nous n’insisterons jamais trop sur la nécessité de recouvrer à la fois la fierté de ce que nous sommes (et les devoirs qui vont avec cette dignité), et, à la fois – avec – un immense sens de l’humour, une capacité à dédramatiser et à rire, et notamment de soi. L’homme fort qui sait rire de sa propre force est assurément l’une des figures masculines les plus parfaites.

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