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La fête des pères ayant traditionnellement lieu au mois d’octobre dans mon cher pays, je fus béni des dieux en cette journée qui, pour l’instant, existe encore. Grand amateur de livres, je reçus entre autres et à ma grande surprise la dernière livraison de Jack Donovan intitulée « Devenir Barbare » qui fait en quelque sorte partie intégrante d’une trilogie dont les autres volumes sont « La voie virile » et « Un ciel sans aigles ».

D’abord, il est important de présenter rapidement l’auteur. Américain et âgé de 45 ans, Jack Donovan a principalement écrit sur la masculinité et ne s’est PAS gêné pour égratigner (Dans le meilleur des cas) le féminisme et la culture gay. Suffisamment pour hérisser les aisselles velues de toute SJW aux cheveux bleus qui se respecte. Ce qui suffit déjà à notre bonheur.

Son credo est, basiquement, que tout homme souhaitant mener une vie d’homme véritable doit créer ou rejoindre une tribu masculine dans laquelle sera fondée une famille et perpétué un culte des ancêtres. On est donc dans une vision tribale de la masculinité.

Déjà, je sens que je perds déjà quelques lecteurs. En effet, la pensée tribale est quelque chose qui va dérouter la grande majorité des mâles européens prisonniers d’un modèle qui dynamite la structure familiale depuis 40 ans. Selon Donovan, la majorité des hommes européens s’interdisent de penser de la sorte. Soumis à une dictature globaliste, l’occidental est dans une vision inclusive à très grande échelle (galactique s’il le pouvait) et il ne pourra redevenir un outsider, un barbare et finalement un homme libre qu’à partir du moment où il rejettera cette vision globale pour se concentrer sur les intérêts de son clan.

Donovan divise clairement son ouvrage en deux parties. La première traite du conflit entre masculinité, identité, tribalisme et la civilisation occidentale qu’il rebaptise « L’empire du Rien » tandis que la seconde développe certains comportements et l’état d’esprit que devrait adopter tout barbare qui se respecte.

Donovan l’affirme à juste titre : « la masculinité est tragique ». Notre rôle est de toujours devoir nous mesurer aux autres hommes, de faire face à nos responsabilités et nous comprendrons bien vite que nous atteindrons les limites de notre potentiel grâce à la compétition et au conflit. Nier cette évidence ne peut que nous conduire dans une impasse. D’où l’importance de lier des alliances entre personnes ayant des intérêts convergents et surtout une identité collective.

On s’en doute, Donovan rejette à juste titre l’universalisme larmoyant qui incite l’occidental à se préoccuper plus du sort du paysan perdu au fin fond de la province de l’Uttar Pradesh plutôt que de celui du sans domicile du bout de la rue. Cet universalisme qui pourrit la vie de tout homme éveillé est généré par l’Empire du Rien dont le centre culturel serait basé à Los Angeles et dont l’hégémonie serait imposée par différentes instances gouvernementales telles que l’Union Européenne ou les Nations Unies. Si vous n’avez pas encore pris votre pilule rouge, il n’est jamais trop tard.

La seconde partie qui s’ouvre sur une citation de « Fight Club » de Chuck Pahlaniuk reprend un des postulats de base de ce roman : l’homme occidental n’est qu’un consommateur qui regarde passer sa vie en la dilapidant de façon insensée sans aucune vision de ce qu’il pourrait accomplir s’il parvenait à se libérer de ce mécanisme aliénant. Pour Donovan, l’individualisme est à bannir car on est forcément limité en agissant seul et personne n’est suffisamment fort ou intelligent pour parvenir à quoi que ce soit sur le long terme sans l’aide d’un clan soudé.

Donovan insiste sur le fait que l’Etat n’est pas là pour aider le citoyen mais bien pour l’asservir : il le dissuade de prendre des risques, de se lancer à l’assaut de forteresses imprenables. Soyons honnêtes, que celui qui n’a jamais hésité à prendre un risque de peur de tout perdre pour finalement se contenter de l’emploi qu’il déteste si fortement lui jette la première pierre.

L’auteur demande donc aux hommes de libérer le loup qui est en eux afin qu’ils puissent de nouveau mener la vie qui fut la leur durant des milliers d’années avant que l’Empire du Rien et ses dérives ne lui soient imposés.

J’ai refermé le livre en étant assez circonspect. Si je suis d’accord sur le fait que nous évoluons dans un système d’aliénation complète basé sur une consommation vide de sens, que l’Etat est surtout là pour nous mettre en servitude (Nous le combattons tout en le nourrissant pour assurer sa survie) et que l’homme doit de nouveau se comporter en tant que tel, je partage peu son idée de tribu obligatoire et sa condamnation de l’individualisme. L’idée d’avoir à rendre des comptes et de devoir tracer mon chemin en meute m’est personnellement assez insupportable. Rien ne garantit que cette tribu ne recréera pas à terme un schéma identique à celui qu’on a décidé de fuir et je suis par-dessus tout convaincu qu’il est primordial pour l’homme de conserver son libre arbitre.

De plus, je pense que Donovan fait appel à des références qui ne sont pas toujours forcément pertinentes pour un européen. L’américain n’a eu de cesse d’explorer et de conquérir son territoire jusqu’à un passé encore très proche, ce qui n’est pas le cas de l’européen qui devrait en premier lieu se réapproprier un patrimoine qu’il a laissé à l’abandon et le travail s’annonce ici énorme.

Je conseillerais cependant à ceux qui voudraient se procurer ce livre d’acheter la version originale en anglais s’ils se sentent à l’aise avec cette langue. En effet, la traduction française est largement perfectible comme je l’avais fait remarquer à Piero San Giorgio qui signe d’ailleurs ici une préface de haute volée dans laquelle il dézingue durant treize pages le féminisme, le marxisme culturel ou encore la dictature des minorités.

Allez-vous redevenir des barbares ?

 

Merci à cette contribution d’Anar de droite 

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