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Contribution d’un lecteur de Major

Bien que la notion de travail soit dévoyée depuis de nombreuses décennies, elle n’en demeure pas moins incontournable dans nos sociétés occidentales. Qu’on le veuille ou non, on définit souvent l’homme par son emploi et encore plus par le fait qu’il en ait un. Ne pas en avoir est hélas un carton rouge qui vous renvoie souvent aux vestiaires dans vos rapports quotidiens aux autres. Un homme digne de ce nom n’accepte pas l’idée de vivre aux crochets des aides sociales même s’il a cotisé pour elles et qu’il n’en a jamais profité jusque-là.

Disons-le de suite, perdre son travail n’est par essence pas une expérience agréable mais elle peut cependant vite se révéler enrichissante. Pour l’avoir expérimentée à deux reprises en vingt ans, votre serviteur étant relativement peu malléable, j’ai énormément appris sur moi-même et ma capacité à me remettre en question.

CESSEZ DE GEMIR ! L’AVENIR COMMENCE DEMAIN

Vos collègues vous expliquent qu’ils vous regrettent déjà, qu’ils vous contacteront d’ici une semaine pour boire un verre, que la direction est vraiment « dégueulasse » et qu’elle ne s’en sortira pas sans vous ? Balayez tous ces discours d’un revers de la main : personne n’est indispensable dans une entreprise et 90% de vos collègues vous oublieront dès le lendemain. Pris dans le tourbillon de leur activité, vous disparaîtrez rapidement de leurs radars. Vous êtes professionnellement seul mais vous allez rebondir et vous trouverez même mieux.

Dès le premier jour de votre préavis, levez-vous comme d’habitude. Ne prenez pas l’habitude de rester au lit : retrouver un emploi est un travail à plein temps. Si vous êtes père de famille, accompagnez vos enfants à l’école s’ils sont encore petits. Habillez-vous correctement (Evitez le combo survêt-sweat à capuche, vous n’êtes pas un dealer en fin de droit) et profitez de ce moment familial : ils vont adorer.

Il est 8 heures et demie, c’est le début de journée, vous avez de l’énergie à revendre : c’est le moment d’aller courir ou de pratiquer toute autre activité sportive. Progressivement si vous ne l’avez pas fait depuis longtemps. Vous devez oxygéner votre cerveau car vous aurez besoin de tous vos neurones pour mener vos recherches efficacement.

VOUS N’ÊTES PAS UNE VICTIME

Se lamenter ne vous aidera en rien : c’est confortable (Encore que…) mais improductif. Vous faites certes face à une épreuve mais vous courez moins de risques qu’un fantassin en 1914 ou un soldat du feu dépêché dans un quartier sensible. Ne laissez personne déprécier votre image, il n’en a aucun droit et de toutes façons : perdre ce job était une bénédiction. Evitez tout ce qui est agences pour l’Emploi (Sauf pour les rendez-vous obligatoires évidemment) car ce sont des endroits déprimants et on vous trouvera peut-être un emploi mais pas forcément celui que vous recherchez. Vous êtes un homme libre et il vous incombe de choisir votre boulot plutôt que d’être choisi par lui.

Pensez à certains modèles masculins que vous admiriez enfant ou adolescent : est-ce que Jean Gabin ou Clint Eastwood auraient fondu en larmes en recevant leur lettre de licenciement et auraient-ils réclamé un safe space ? Bien sûr que non. Et bien, vous non plus.

PRENEZ LES CHOSES EN MAIN !

Faites votre bilan de compétences et préparez votre CV : vous allez vite voir que vous êtes pourvu de nombreuses ressources et que des entreprises vous recherchent sans le savoir encore. Parcourez les annonces d’emploi mais voyez plus loin. Tout le monde a le réflexe d’y répondre : les recruteurs reçoivent des centaines de réponses et votre CV a parfois moins d’1% de chances d’être vu au milieu des nombreuses candidatures qui n’ont parfois rien à voir avec le poste en question. Le but n’est pas de s’abrutir sur les sites d’emploi 8 heures par jour mais de travailler efficacement sur un rythme proche de celui que vous aviez quand vous étiez salarié.

Demandez-vous dans quelles structures vous aimeriez évoluer, sélectionnez-les et écrivez-leur de façon spontanée : vous pourriez être étonné du feedback que vous allez recevoir.

Vous voyez : vous avez déjà pris les choses en main. Vous n’êtes plus la proie du chômage mais le chasseur d’emploi. Votre famille est déjà rassurée de voir que vous avez décidé de réagir et de vous battre pour assurer sa subsistance. Car c’est bien de cela dont il s’agit.

PREMIÈRES RÉPONSES

Cela dépend des pays mais certaines entreprises ne répondent parfois jamais pour décliner votre proposition. Plus par manque de temps que par irrespect. En général, si vous n’avez pas de réponse endéans un mois, le poste a souvent été pourvu. Qu’à cela ne tienne, vous êtes dans l’action et non dans la réaction : téléphonez au bout de deux semaines pour savoir si on a bien reçu votre CV, s’il est possible de parler à la personne en charge du recrutement, etc. Montrer votre intérêt peut parfois faire pencher la balance favorablement.

ENTRETIEN D’EMBAUCHE

C’est un moment charnière qui effraie bien souvent le candidat Lambda mais pas le candidat Alpha. A ce titre, je conseille toujours à mes connaissances en poste d’envoyer de temps à autres des CV et des lettres de motivation dans le but de passer des entretiens. Cela leur permet de voir qu’ils sont toujours attractifs sur le marché du travail (C’est bon pour l’ego), de passer une entrevue avec un recruteur et peut-être de décrocher le job de leur vie.

Vous intéressez votre potentiel futur employeur et cet intérêt est réciproque. Vous allez le rencontrer pour le convaincre de la nécessité de vous donner la préférence mais également pour essayer de négocier le meilleur contrat possible : vous n’êtes pas là pour brader vos compétences d’autant plus qu’il est très ardu de renégocier une fois embauché.

Renseignez-vous bien sur l’entreprise, sur leur activité, préparez quelques questions : On vous demandera si vous avez des questions spécifiques, il est toujours très délicat de répondre par la négative. Exprimez-vous clairement, soyez souriant et correctement vêtu (Hier encore, j’ai indiqué son chemin à un candidat qui se rendait à un entretien d’embauche en bermuda et maillot de football !) et soyez surtout ponctuel.

Une fois que vous montez sur le ring, gonflé à bloc, c’est à vous de gagner le combat et de mettre la concurrence KO.

Et vous allez le faire.

Merci à Jean-Yves

 

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